“De la France morte, quelques Français, il est permis de l'espérer, garderont l'héritage. Ils suivront l'exemple de ses héros et de ses saints. Ils s'enchanteront de la beauté de ses monuments. Ils méditeront les œuvres de ses écrivains. Ils seront ainsi consolés au milieu du désert. Leurs descendants trouveront-ils la même consolation? Cela n'est guère probable. Il est très possible en effet que, dans le paroxysme de la barbarie montante, toute cette sagesse et toute cette beauté, ou bien soient jetées au rebut comme des vieilleries inutiles, ou bien cessent d'être comprises et deviennent aussi énigmatiques et muettes que les statues de l'île de Pâques. Dans l'un et l'autre cas la France mourrait une seconde fois. Mais il est aussi de l'ordre des choses possibles qu'un jour les vestiges de l'héritage français soient exhumés des décombres, pieusement recueillis par quelque nouvelle civilisation, et réanimés par une nouvelle cité dont le peuple alors serait français comme nous-mêmes, autrefois, nous avons été grecs et romains”